Les scientifiques ont souvent pointé du doigt le rôle destructeur de l'homme sur son environnement. C'est ce que font Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini dans leur ouvrage. Mais ils lancent aussi un appel pour que les biologistes - les scientifiques les plus proches de la vie, précisent-ils - se regroupent pour parler un langage commun afin d'alerter les responsables politiques sur les risques encourus par la vie sur Terre.
Car aujourd'hui la science est trop "pointilliste" et ne voit plus la globalité et la complexité des écosystèmes. Le mieux serait, selon eux, que les biologistes, mais aussi les naturalistes et les zoologistes se regroupent dans un organisme international - comme l'ont fait les scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) pour le réchauffement climatique - afin de présenter régulièrement un état des lieux du monde vivant.
Les deux auteurs ne sont pas des inconnus. Jean-Marie Pelt, professeur émérite de biologie végétale et de pharmacologie à l'université de Metz, milite depuis toujours pour la sauvegarde de la biodiversité et des forêts tropicales. Gilles-Eric Séralini, chercheur en biologie moléculaire à l'université de Caen, étudie les effets des pesticides sur la santé ainsi que les risques présentés par les cultures d'OGM. L'un et l'autre sont fort inquiets sur l'état de la planète : la transformation des milieux est si radicale qu'elle hypothèque le retour à un état satisfaisant.
Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini émettent trois hypothèses pour notre avenir. Sous la pression des changements environnementaux, l'humanité peut s'éteindre, elle peut aussi s'adapter ou connaître une spéciation, un processus de différenciation génétique qui donne naissance à deux espèces différentes à partir d'une seule. Lee Silver, professeur de biologie moléculaire à l'université de Princeton, expose tranquillement cette éventualité.
LE DÉLUGE APRÈS NOUS ? de Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini. Flammarion/Fayard.
Source : La lettre de Terre Sacrée du samedi 13 mai 2006