Le constat est partout le même : en un demi-siècle, le développement des activités humaines a provoqué une crise écologique sans précédent dans lhistoire de la planète.
LES EXPERTS TIRENT LA SONNETTE DALARME
« La dégradation de nos écosystèmes est si avancée quelle remet en cause lavenir de lhumanité. » Cette déclaration est issue du rapport quun millier de scientifiques originaires de 95 pays ont établi sous légide de lOrganisation des Nations unies. Première constatation : pour répondre aux besoins des populations en nourriture, en eau, en bois, en fibres et en combustibles, lhomme a modifié, en à peine plus de cinquante ans, léquilibre des grands écosystèmes par une surexploitation des ressources. Or les éléments que recèlent les forêts, les savanes, les océans et leur fonction régulatrice sont indispensables à notre survie :ils purifient lair, fournissent leau douce, les stocks de pêche, les médicaments, stabilisent le climat et limitent lérosion des sols et limpact des catastrophes naturelles.
Second constat : le temps presse. Nous avons à peine une quarantaine dannées devant nous pour renverser la tendance. Les experts estiment que 60 % des écosystèmes sont fortement menacés, et la tendance devrait saccentuer avec limpact du réchauffement planétaire. « Si nous ne changeons pas notre façon de faire dans le sens dun développement durable en intégrant le prix à payer pour les services rendus par la nature, nous léguerons à nos descendants un monde invivable », affirment les scientifiques, qui ont établi une liste de priorités, comme sauvegarder les réserves deau douce, les stocks étant déjà inférieurs à nos besoins. Le rapport souligne la nécessité de supprimer les subventions agricoles qui favorisent les inégalités entre pays riches et pays pauvres. Comme le déclare le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan : « Cest seulement en comptant à leur juste valeur lensemble de nos précieuses ressources naturelles et humaines que nous pouvons espérer bâtir un futur durable. »
M. G.